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 Butcher boys (2012, Duane Graves et Justin Meeks)

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MessageSujet: Butcher boys (2012, Duane Graves et Justin Meeks)   Sam 13 Fév - 4:02


Traumatisé par sa participation à "Massacre à la tronçonneuse" en 1974, Kim Henkel n'a jamais réellement pu ou su de débarrasser des thématiques inspirant le chef-d’œuvre de Tobe Hooper. Ainsi, après un quatrième épisode des aventures de Masque de cuir un peu particulier mais non dénué de qualités en 1994, voici qu'il nous propose un nouveau démarquage de son travail. L'action de "Butcher boys", co-réalisé par Duane Graves et Justin Meeks (ce dernier jouant également l'un des méchants du film), se situe en 2011 dans la ville de San Antonio au Texas. Depuis quelques temps, des jeunes femmes disparaissent sans laisser de traces. Quatre jeunes gens, dont Sissy l'héroïne, vont être pourchassés et tués l'un après l'autre par une nuit de pleine lune, par une bande de voyous qui les entrainent dans les bas-fonds crasseux d'une ville inquiétante. L'unique survivante va découvrir un univers où le marché de la viande humaine fait couler autant de sang que de dollars et va tenter d'échapper à une mort horrible et certaine.

   

Né à San Antonio, Graves semble tout autant détester qu'adorer cet endroit. Il le filme comme une cité éminemment malsaine où il ne fait pas bon vivre, où les autorités ferment les yeux ou sont complices d'atrocités, où le mal suinte par chaque rue, chaque route, chaque carrefour de ces quartiers sombres et malfaisants où règne une faune bigarrée, ultraviolente et cannibale. La ville joue un rôle important dans "Butcher boys" même si, à la manière de Ben Affleck pour son "The town", les deux réalisateurs ne peuvent s'empêcher de truffer le montage de plans aériens diurnes ou nocturnes de San Antonio dont la redondance peut agacer. Mais il est cependant intéressant de constater que l'on s'éloigne ici des slashers et autres survivals campagnards pour un thriller horrifique résolument urbain dont la première partie fait un peu penser aux "Guerriers de la nuit" de Walter Hill ou plutôt à "La nuit du jugement" de Stephen Hopkins, car il s'agit de montrer la fuite éperdue et désespérée des victimes dans un environnement de béton, de ferraille, de rues désertes et d'immeubles insalubres. Un parti-pris franchement réussi et qui permet à "Butcher boys" de sortir des sentiers battus des forets lugubres ou des villages ruraux peuplés de psychopathes.

Des fous, il y en a pourtant à San Antonio. Une sorte de gang de mangeurs d'hommes (ou plutôt de femmes), organisés, craint autant par les forces de l'ordre qui se taisent et laisse une jeune femme se faire capturer et molester sans réagir, que par des texans qui ferment les yeux. Un gang de dangereux énergumènes qui ont d'ailleurs un peu de mal à s'entendre entre eux et à respecter une hiérarchie défaillante. Hiérarchie qui d'ailleurs n'est pas clairement assumée puisque le scénario de Kim Henkel demeure plutôt flou sur bien des points, décidant ainsi de ne pas tout dire, de ne pas tout faire comprendre et rendant obscurs certains aspects du film, notamment les vraies motivations des méchants.

   

"Butcher boys" ne se perd pas en palabres et s'avère vraiment dynamique et rythmé. La traque de Sissy et ses différentes tentatives pour échapper à des poursuivants qui finissent toujours par lui mettre le grappin dessus n'est jamais ennuyeuse et le montage comme la réalisation se montrent rentre-dedans et sans véritables temps morts. Cette même réalisation carrée et efficace, permet au film de ne pas succomber à son faible budget d'un million et demi de dollars.
Ali Faulkner, dans le rôle de la virginale héroïne, est très bien et parvient à créer une solide empathie pour son personnage, terrorisée mais combattive et même pleine de ressources dans le désespoir, comme lorsqu'elle se scotche une ceinture de dynamite autour de la taille pour repousser les assaillants. Le reste du casting est en dents-de-scie. Si elle est hétéroclite, la bande des méchants fait montre d'un talent aléatoire. La plupart en font beaucoup trop à rouler ou froncer les yeux, gesticuler dans tous les sens en hurlant et en riant et leur mépris apparent du genre humain tant qu'il est encore en vie est surjoué par des dialogues plutôt faibles où les grossièretés s'enchainent à la seconde. Il y a néanmoins une indéniable folie qui rend leurs actes terrifiants, à la manière de la famille Sawyer de "Massacre à la tronçonneuse".

   

"Massacre à la tronçonneuse". Le vrombissement de l'outil favori de Leatherface raisonne à plusieurs reprises dans "Butcher boys" qui apparait comme l'évident rejeton du classique de l'horreur des années soixante-dix. A quelques détails prés, le film de Graves et Meeks aurait pu faire partie de la saga initiée par Hooper et Henkel. Le Texas, les cannibales, la musique aux sonorités stridentes, l'héroïne terrorisée malmenée par une sorte de famille recomposée mutante dégénérée... Mais ces allusions s'avèrent définitives lorsque cette nerveuse série B rend directement hommage à plusieurs reprises à son illégitime ainé.
L'un des personnages, comme Jim Siedow, possède une sorte de règle électrique qu'il utilise sur ses victimes comme sur les siens, une espèce de géant de plus de mètres fait clairement référence à Masque de cuir, l'inévitable diner où Sissy attachées subit les pires souffrances en robe de soirée reprend autant le dernier quart d'heure de "The Texas chainsaw massacre" que certains éléments de "La nouvelle génération" signée de Kim Henkel lui-même en 1994. Ali Faulkner s'apparente donc à un mélange entre les personnages de Marylin Burns et de Renée Zellwegger. Sans dévoiler le final, il s'inspire (sans vraiment plagier puisque il est aisé de constater que l'on est plus dans la parodie et le clin-d’œil) ouvertement de celui qui mettait un terme au calvaire de Sally Hardesty, dans sa structure comme dans le forme. Une conclusion par ailleurs complètement folle et surprenante dans sa soudaineté et surtout son culot.
Enfin, l'appartenance cachée de "Butcher boys" à la saga de la tronçonneuse passe par les multiples apparitions d'acteurs issus des films mettant en scène Leatherface. On y croise donc Marylin Burns elle-même, Edwin Neal, Bill Johnson, Teri McMinn, Ed Guinn, John Dugan et Robert Kuhn.

   

Sans être parfait, "Butcher boys" demeure donc une très bonne surprise. Certes, il emprunte à d'autres films comme, on l'a vu, la saga "Massacre à la tronçonneuse" mais aussi sur certains points "Hostel" et ses préceptes de débauches des nantis satisfaisant leurs fantasmes sanguinaires et barbares sur une population qui ne manquera à personne, sans pour autant se dresser en oeuvre politique sur la lutte des classes pour autant (ce qui n'était pas le propos d'Eli Roth non plus) mais se forge sa propre identité en s'éloignant de nombreuses autres séries B contemporaines qui fatiguent à force de toujours montrer la même chose et de se baser sur la même trame, en tapant sur la corde de la nostalgie du cinéma horrifique des années soixante-dix et quatre-vingt afin de ne pas avoir à trop se fouler.
Ici, la volonté des auteurs de livrer une comédie ultra-violente où l'on rit pour détourner la frayeur des situations les plus extrêmes est évidente et il faut reconnaitre à Dean Graves et Justin Meeks un certain talent à tirer parti de leurs décors pour la plupart naturels. Enfin, les rapports étroits entre la famille Sawyer (et ses dérivés) et les garçons-bouchers de Kim Henkel provoque un vrai plaisir pour les fans de Leatherface, tout comme la localisation géographique du film, vraiment bienvenue.
Thriller d'épouvante nappé d'une sauce chili de comédie très très très très noire, fonctionnant à plein régime et capable de provoquer le frisson grâce à une ambiance et une atmosphère particulièrement suffocantes, "Butcher boys" est un spectacle déjanté, curieux, malsain et drôle qui n'hésite pas à secouer, à "rentrer dans le lard" jusqu'au mot faim !

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Gregg
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MessageSujet: Re: Butcher boys (2012, Duane Graves et Justin Meeks)   Sam 13 Fév - 17:44

Ma citrouille pourrie de 2012! Confused

Une critique pourtant aussi aguicheuse ne saurait me convaincre de retenter un visionnement, alors que je garde de ce Butcher Boys non pas uniquement le souvenir d'un mauvais film, mais aussi celui d'une oeuvre incroyablement chaotique!
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