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 Raw (2017, Julia Ducournau)

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Gregg
Mort Vivant!!!
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MessageSujet: Raw (2017, Julia Ducournau)   Lun 6 Mar - 17:36




Présenté au dernier festival de Cannes et, en autres distinctions obtenues un peu partout où il fut présenté durant l'année écoulée, récipiendaire du grand prix à Gerardmer, Raw ("Grave" pour la version originale), le film de la jeune réalisatrice Julia Ducournau, est l'une des sorties horrifiques majeures de ce premier trimestre 2017 et, une fois n'est pas coutume, c'est bien d'un film français dont il est question!


Voici l'article complet paru dans "Le point": http://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/jusqu-ou-ira-grave-le-film-d-horreur-qui-terrifie-les-festivals-30-01-2017-2101206_2923.php


Et la bande-annonce: https://youtu.be/5FB_9zONNtQ
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Gregg
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Mer 15 Mar - 19:58

Après sa sortie en Amérique du Nord programmée pour le 10 mars, c'est aujourd'hui que le film a pris l'affiche dans les principales villes françaises. Un citadin parmi les membres du forum serait-il allé le voir?
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DieSydney
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Jeu 16 Mar - 14:26

Moi.
Il n'y a rien dans Grave (Raw). Aucunes scènes choquantes, aucunes scènes gores, aucun jeu d'acteur, aucune mise en scène, aucunes bonnes musiques. Ce n'est qu'un long clip d'1h30 qui se contente paresseusement de balancer 2 jump-scares pour mériter son statut horrifique, le reste n'est finalement qu'un drame familiale, avec une histoire d'amour entre deux soeurs, cliché et banale.
Il est surprenant d'entendre partout que le film à suscité des vagues d'évanouissements alors que rien ne va plus loin qu'un doigt que l'héroïne mange. L'ambiance malsaine est loupée, la faute à la réalisatrice qui n'arrive pas à délimiter un espace visuel (la chambre en colocation est un bon exemple, on ne sait jamais vraiment où les personnages dorment ni comment) et à bon nombre de scènes là simplement pour les filmer (pourquoi un aussi long détour dans un travelling pour filmer une peluche pendue ? N'aurait-il pas suffit de la mettre dans le cadre ?). La jeune Garance Marillier est épouvantable, Ella Rumpf tente de faire ce qu'elle peut et c'est finalement Rabah Naït Oufella qui s'en sort le mieux. La fin est le comble du ridicule. Seuls les auteurs n'avaient pas compris que tout le monde avait déjà compris.

Il est facile de comprendre cependant pourquoi le film fait autant parler en France. Un peu de sang, un sujet à la mode (le cannibalisme) et une réalisatrice qui sort presque de nulle part (enfin, de la Femis, accablé par le documentaire Le Concours qui accuse l'école de faire du conformisme sans arrêt, ce que Grave ne démentira pas). Il est dommage que Julia Ducournau est eu aussi peur de toucher à l'horrifique, aussi frileuse pour faire quelque chose de son scénario.

Une énorme déception.
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crazy babysitter
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Jeu 16 Mar - 16:06

DieSydney a écrit:
Il n'y a rien dans Grave (Raw). Aucunes scènes choquantes, aucunes scènes gores, aucun jeu d'acteur, aucune mise en scène, aucunes bonnes musiques.
Alors là j'interviens car je ne suis pas du tout (mais alors pas du tout) d'accord.
Aucune scène choquante ? C'est parfaitement subjectif. Certes, la réalisatrice Julia Ducourneau ne va pas aussi loin qu'un Ruggero Deodato ou un Jorg Bittgereit de la belle époque mais son film demeure sacrément provocateur et peut tout à fait choquer. Il ne s'agit pas d'une bluette sentimentale, bon sang ! Je ne vais rien dévoiler du contenu de "Grave" mais plusieurs passages peuvent largement instaurer le malaise et pas uniquement à cause du thème principal mais aussi en raison de séquences de bizutages vétérinaires sordides, par exemple.

Aucune scène gore ? Là encore, "Grave" n'est pas conçu pour égaler un "Braindead" ou un "Reanimator" mais Ducourneau sait présenter des moments de violence frontale, non ? Le sort réservé à l'un des personnages du film vers la fin n'est t-il pas suffisamment gore pour toi ? Les moments sanglants dans le film sont plus des instantanés que de longs plans répandant tripes et boyaux mais l'interdiction aux moins de seize ans n'est pas usurpée.

Aucun jeu d'acteur ? Garance Marllier est formidable ! Pour une fois que l'on tient un personnage crédible et réaliste dans un film de genre français, on ne peut que saluer l'écriture et l'interprétation. Elle livre une performance où fragilité et perversion s'entrechoquent avec fracas, propose divers niveaux de lecture de sa Jusine et participe tout autant que la réalisation à la très grande réussite de "Grave". A ses côtés, Ella Rumpf et Rabah Naït Oufella sont excellents, eux-aussi parfaitement crédibles.

Aucune mise en scène ??? Le film regorge d'idées ! Alors oui, il y a parfois quelques effets et artifices qui laissent à penser à de la prétention ou qui donnent dans le "jeune cinéma indépendant arty ou clippesque" mais "Grave" est très bien réalisé. Lisible, parfois beau dans le glauque, parfaitement éclairé par Ruben Impens (déjà à l’œuvre sur le magnifique "Alabama Monroe" de Felix Van Groeningen), le long-métrage de Ducourneau transcende le genre qu'il honore en proposant une mise en scène appliquée et évocatrice. On aime ou pas le style pictural ouvertement maniété mais "Grave" est un exemple de mise en scène audacieuse, bien éloigné des slashers sans aucune envergure visuelle.

Aucunes bonnes musiques ? Là encore c'est une question de gouts ou d'appréciation mais la composition originale de Jim Williams est marquée, forte et intense. La bande originale fait partie intégrante de l'identité du film. Elle en est, avec les images, sa signature. Les thèmes synthétiques font corps avec ce qui nous est montré. Le musicien attitré de Ben Weathley nous offre quelque chose d'au moins aussi fort que pour son " Kill list". Et quelle bonne idée d'utiliser le "Plus putes que toutes les putes" du duo de rap féminin Orties !

Je respecte ton opinion, DieSydney, et je viens rarement contester un avis avec véhémence mais selon moi, dire ce que j'ai quoté à propos de "Grave" , c'est un peu trouver que "Jurassic park" manque de dinosaures ou qu'il n'y a pas assez de poursuites en voiture dans les "Mad Max" !^^
Une fois encore, tu peux parfaitement ne pas aimer le film de Julia Ducourneau mais il est possible aussi que tu t'attendais à autre chose. Il n'est pas question ici de donner au public une oeuvre dont la seule ambition aurait- été d'être un "simple" film de cannibales français. C'est surtout un vrai film d'horreur souvent drôle, audacieux dans ses choix artistiques, visuels et narratifs. Il ne prend pas par la main ni ne cherche à singer l'épouvante "à l'américaine". Néanmoins, le film n'hésite pasà jouer avec plusieurs codes, cotoie les premiers travaux d'un Cronenberg ou même d'un Lynch mais avec une réelle dimension ouvertement punk et humoristique.
Pour moi, c'est une très grande réussite, un film qui m'a laissée k.o. J'ai vbeaucoup ri, j'ai été effrayéé, choquée, intriguée. Bravo Julia et vivement la suite !

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DieSydney
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Jeu 16 Mar - 20:04

Merci pour ta réponse crazy, elle est très pertinente et s'ajoute aux nombreux avis que j'ai eu de mes amis, parfois aussi enthousiastes que le tiens, parfois plus meurtriers que le miens. Le film divise, on en parle, c'est déjà quelque chose.

Je comprend chacun de tes points mais, avant tout, quelque chose est complètement raté dans Grave : son sujet. Non, Julia Ducournau n'avait pas comme ambition de livrer un simple film de cannibales et tant mieux, mais elle est prisonnière de son propre concept. Son film est à propos de cannibales (et non pas "sur" des cannibales) mais elle ne se sert finalement que des thème du cannibalisme. Même si je comprends l'envie d'aller plus loin que ça, comment partir faire la course quand on est pas sur la ligne de départ ? Comment construire une maison sans les bases ? Comment un film mettant en scène une jeune femme cannibale peut aussi peu parler de cannibalisme et, donc, comment peut-il aller plus loin ?
A mon sens, c'est presque le problème de Grave. D'abord il y a la quête d'indépendance et d'identité. Ensuite le sexe, l'homosexualité, le rapport au corps, les relations de famille pour partir sur le cannibalisme et les addictions sur fond de recherche sexuelle, d'identité encore et de traitement des animaux sur fond de dépravation de la jeunesse étudiante ... En 1h30 ? A force de vouloir tout mettre, il n'y a plus rien dans Grave. L’essentiel a disparu dans les artifices, le bordel scénaristique, les personnages secondaires et confus.
Et puis la fin ... Je ne m'étendrais pas dessus mais il me semble que le scénario nous avais pointé assez d'alarmes (la première à a peine 5 minutes de film) pour pouvoir se passer de l'explication ridicule et d'une scène en trop.

Citation :
On aime ou pas le style pictural ouvertement maniété mais "Grave" est un exemple de mise en scène audacieuse, bien éloigné des slashers sans aucune envergure visuelle.

Je relève cette phrase pour deux raisons. Il n'y a rien d'audacieux dans la mise en scène de Grave, à mon avis. Il y a par contre du laborieux - le travelling dont je parlais dans mon premier message est un exemple. C'est un premier film, le second sera mieux. Ensuite, je pense ne pas t'apprendre que bon nombre de slashers ont une envergure visuelle et une ambition bien plus grande que le simple bodycount. Halloween, Bloody Bird, House on Sorority Row (et son final totalement fou aux couleurs étranges), Scream ou plus récemment The Town That Dreaded Sundow ou All the Boys Love Mandy Lane. Mais nous avons déjà eu cette conversation, j'ai déjà eu l'impression que tu dénigre ce genre, on a déjà échangé nos avis. J'ai même pensé que cette phrase était une petite "private joke" Wink


Maintenant, pour entrer complètement dans l'émotion, j'attendais beaucoup ce film. La réalisatrice sort d'une école de cinéma, elle a enchaîné les tournages et les formations et il s'agit de son premier film d'envergure. De genre, en plus ! Le film a l'air de bien marcher (ma séance était presque complet !), il a pris l'affiche aux US, ... Il faut encourager ce genre de film et aller les voir - j'y étais, le jour de sa sortie. J'espère qu'il y aura une suite, pas littérale mais que le film ouvrira la voie à d'autres, tout aussi ambitieux. Mais il faut aussi arrêter d'avoir peur de son sujet, même si il est horrifique et/ou sanglant.
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jeanjean du 7-6
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Ven 17 Mar - 7:21

DieSydney a écrit:
Le film divise, on en parle, c'est déjà quelque chose.


C'est effectivement un bon signe mine de rien. Bien envie d'aller le voir aussi pour le coup.
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HorrorZone
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Sam 18 Mar - 18:44

Moi je n'entends que du bien sur GRAVE, alors qu'au contraire MARTYRS divisait franchement. Il me tarde de le voir (la semaine prochaine).
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DieSydney
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Dim 19 Mar - 12:25

HorrorZone a écrit:
Moi je n'entends que du bien sur GRAVE, alors qu'au contraire MARTYRS divisait franchement. Il me tarde de le voir (la semaine prochaine).

Il divise ici, de toute évidence. Nous sommes deux à l'avoir vu, deux avis différents.
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crazy babysitter
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Dim 19 Mar - 15:48

Bonsoir.
DieSydney : je me souviens en effet que nous avions discuté de slashers sur le Chat du forum. Cependant, je ne dénigre absolument pas le genre. Il ne s'agit pas de ce que je préfère dans le cinéma d'horreur mais je suis néanmoins fan de certains d'entre-eux, reconnais et loue les qualités de plusieurs films appartenant à cette catégorie. Si j'ai parlé du slasher, ce n'était pas pour faire une private joke mais surtout parce qu'à la façon dont j'ai lu ta critique de "Grave", j'ai pensé que tu attendais du film qu'il s'agisse d'une œuvre classique avec plein de morts et du sang avec une héroIne cannibale qui assassine et mange victimes sur victimes. Je me suis très probablement trompée, pardon.

HorrorZone : attention à ne pas trop chercher la comparaison avec "Martyrs", tu risquerais d'être déçu si tu apprécies le film de Laugier (ce qui n'est pas mon cas). Ce dernier voulait choquer tout en faisant réfléchir. Chez Julia Ducourneau, on est nettement plus dans la provocation et une certaine notion de divertissement. "Martyrs" et "Grave" n'ont pas du tout la même atmosphère ni les mêmes intentions.
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Jérémie
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Ven 14 Avr - 7:18

J'ai enfin vu le fameux Grave (ou Raw) ! Et je rejoins l'avis de Crazy Babysitter. J'ai beaucoup aimé.
Il s'agit d'un pur film de festival, avec sa mise en scène "arty", et sa photo et BO stylisées. Un très beau produit sur le plan visuel et sonore.
J'ai beaucoup aimé la manière dont été traité le sujet du cannibalisme, ainsi que la manière dont été brossée la relation entre les deux sœurs (sur certains aspects le film m'a agréablement rappelé Ginger Snaps), le tout dans un univers médical magnifiquement glauque.
Le casting est au top. Garance Marillier est la révélation du film. Vraiment bluffante. De même pour Ella Rumpf qui, sous ses allures d'une Fairuza Balk, livre une belle prestation. Et quelle ne fut ma surprise en découvrant, lors des premières minutes de probjection, que l'excellent Laurent Lucas était aussi de la partie.

Par contre, il y a quelque choose que je reproche au film, c'est sa dernière scene et la révélation qui y est faite. J'ai trouvé ça un peu ridicule, et gratuit. Ça m'a rappelé le final d'un episode de la première saison de Chair de Poule - (Attention SPOILER: "La Fille qui criait au Monstre").

Mais ça reste un très bon film. Le cinéma de genre made in France se faisant rare c'est derniers temps, j'espère que le succès de Grave permettra au genre de retrouver un nouveau souffle dans l'Hexagone, comme se fut le cas à une époque pas si lointaine.
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Gregg
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MessageSujet: Re: Raw (2017, Julia Ducournau)   Sam 9 Déc - 19:37

Projeté en 2016 au festival de Cannes où il fit sensation, Grave aura suscité un réel engouement par la suite, remportant de nombreux prix, notamment à Gerardmer, et se sera appuyé sur une campagne de promotion imparable, bien plus que ne l’est finalement le film en dépit de l’avis presque unanime des spectateurs et de la critique, laquelle aura particulièrement mis l’accent sur la scénariste et réalisatrice, Julia Ducournau, et son parcours d’ancienne étudiante diplômée de la Femis ou de la participation de la "première dame" de la nation, Julie Gayet, au financement de l’œuvre.


D’emblée, Grave est un premier film et… ça se voit!

Si Ducournau, mise particulièrement en avant au point d’être la véritable star de Grave, évoque le déterminisme, autant familial que social ou professionnel, comme sujet sous-entendu de son film traitant de cannibalisme, la cinéaste française tombe lamentablement dans le premier piège tendu devant elle, celui-là même qui touche nombre de longs-métrages lorsque leurs auteurs sont incapables d’épurer leurs scénarios. Alors, certes, Ducournau met de la bonne volonté dans son projet, autant qu’elle fait preuve d’une aisance technique qui se traduit notamment par une certaine inventivité dans sa mise en scène, mais elle se montre aussi et surtout incapable de canaliser ses idées, cherchant beaucoup trop à intellectualiser son film en abordant et en débordant sur une foule de thématiques jamais vraiment développées ni réellement maîtrisées pour un résultat particulièrement pédant! De fait, le caractère prétentieux que dévoile la réalisatrice en entrevue et ainsi manifeste dans Grave!

Bref, entre des thèmes aussi divers que le passage à l’âge adulte, l’éveil sexuel, la recherche de l’indépendance ou de l’identité, la différenciation entre l’homme et l’animal, les relations entre sœurs, le rapport au corps, l’homosexualité, le pouvoir de domination… le sujet principal, à savoir le cannibalisme, est noyé dans le contexte, dans ce florilège d’idées, et comme un mal récurrent symptomatique d’un premier film, Ducournau part dans tous les sens en n’exploitant jamais rien précisément, au point même que Grave perd de son propos, et si son message n’est pas impalpable tant la symbolique reste forte, il s’égare néanmoins par manque de lisibilité.

Grave c’est aussi ce film aux multiples thématiques pour une personnalité impropre! Ainsi, le croisement des genres nuit au film, la partie horrifique développant une vraie promiscuité avec ce qui s’apparente essentiellement à un drame, le tout devenant déconcertant lorsque l’aspect comédie s’invite au bal à cause de scènes involontairement drôles! Mais le plus gênant ne serait-il pas que Grave, qui est avant tout présenté comme un film d’horreur, ne possède aucune ambiance horrifique digne de ce nom? A moins que ce ne soient les multiples ruptures de ton qui cassent le rythme au point que le film finisse par devenir long et ennuyeux?

Malheureusement, le triste constat ne s’arrête pas là et, dans Grave, il est bien difficile d’éprouver une quelconque empathie pour les personnages, notamment celui de l’héroïne, principalement à cause de son manque de sensibilité dû à l’écriture cette fois trop rigide de Ducournau, mais aussi au physique peu avantageux de Garance Marillier. Cette dernière, d’ailleurs, a payé de sa personne pour interpréter son rôle, mais se dénuder ou se prendre un seau de peinture dans la face n’a jamais fait d’une jeune femme une bonne actrice! Dans cette idée évidente qu’il n’a pas de bon film sans bon acteur, il est à peine croyable que Marillier et son compère masculin, Rabah Naït Oufella, soient aussi mal dirigés, ou plutôt mal guidés, quant à leur problème d’élocution! En effet, comment peut-on jouer dans un film en ayant des difficultés à s’exprimer et en n’articulant pas ses lignes de texte au point qu’une partie des dialogues se perde? De toute évidence, cela, pas plus que le reste, n’a semblé gêner Ducournau!

Dans ce fatras, la réalisatrice réussit même le pari d’imposer un certain sexisme dans son film, notamment par le biais de séquences appuyées par une bande sonore mûrement réfléchie qui ont pour corollaire d’accentuer l’aspect féministe de Grave, lequel plaît plus généralement aux amatrices qu’aux amateurs de cinéma de genre.

Ajoutons au tableau un dernier plan risible concernant l’héritage familial de l’héroïne en guise de conclusion grand-guignol et nous tenons avec Grave un film loué au point de défier toute décence!

1,5/5.
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